La coexistence de cultures différentes peut aussi bien être féconde qu'appauvrissante.
Tout dépend de la manière dont les cultures (la dominante et les dominées)
mettent en commun leurs apports.
Trois grandes configurations se présentent : L'assimilation et le multiculturalisme
d'une part, et l'interculturalité d'autre part. L'auteur oppose cette dernières aux
deux premières qui, insiste-t-il, sont des sources d'appauvrissement culturel.
L'assimilation s'enferme dans la seule conscience et connaissance d'elle-même, hors
des autres groues culturels, le multiculturalisme, lui, aboutit à l'affirmation identitaire
de chaque groupe socio-culturel exclusive des autres groupes,
ce qui gène la cohésion du corps social global.
En revanche, dans une perspective interculturaliste, les groupes culturels, dominant
et dominés, deviennent des acteurs de l'intervention humaine dans le processus social.
Ils évoluent l'un l'autre dans le sens de l'émergence du groupe nouveau qu'ils doivent
construire à partir de leur rencontre, de leurs complémentarités qui prennent le pas sur
leurs antagonismes. Ils en sortent ainsi transformés. Dans l'interculturalité, l'homme
ne subit pas " passivement l'évolution dont il ne serait que le fêtu.
C'est à lui qu'appartient, au moins en partie, d'inventer les habits sociaux dans lesquels
il va affronter ses lendemains ".
Dans cet échange, chacun acquiert chez l'autre ce dont il est dépourvu, dans sa façon
d'agir comme dans sa façon de penser.
Achour Ouamara
in Revue Ecarts d'Identité, n°104, 2004.