par A. Wamara
20 avril 2023
Le printemps n'oublie pas la noirceur dont il a été lâchement recouvert,
ni l'âge de ses fleurs tôt coupées.
Ses couleurs blessées éclairent les rayures de l'arme coupable,
et l'étoile qu'il a vue tomber s'est diffractée en mille galaxies.
La morsure s'imprime dans la plaie en hiéroglyphe qui nomme la carie de la dent baveuse.
Les poèmes interdits ont pris le maquis,
ils se sont donné le mot pour l'embuscade à l'aube prometteuse,
ils chantent haut le printemps défleuri par les sécateurs de l'espérance.
Oui, le printemps martyr est devenu notre Aïd. Triste Aïd.
Et c'est de coutume en ce jour de se rendre à la prison d'El-Hogra, afin de saluer les détenus au verbe inflexible, et leur laisser pour compagnie nos coeurs qui ne battent que pour leur retour à la source des cimes, où ils puisaient leur force pour étancher d'indignation nos colères en leur donnant sens et horizon.
Le soleil leur manque.
Ils manquent au soleil.
_______________________________
*
Soutien aux détenus d'opinion algériens