par A. Wamara
12 septembre 2023
Pas un matin ne passe sans que je me dise en me rasant qu'il est temps de me retirer définitivement des réseaux sociaux (RS
). Je pèse le pour et le contre.
Le pour, me retirer, me ferait inscrire aux abonnés absents pour tous les commerciaux appâtés par mon portefeuille dégarni, pour tous les flics qui s'intéressent à mes idées de politicard de salon, et fini le fiel nauséabond des réseauteurs que même Freud refuserait.
Bref, j'entamerais une vie d'ermite qui échapperait à tous les radars virtuels. C'est plutôt tentant.
Le contre, y rester donc, quel bénéfice en ai-je tiré jusqu'ici ? Des retrouvailles d'ami-e-s perdu-e-s de vue depuis longtemps, un média audiovisuel alternatif aux médias odieux visuels et rampants, un dazibao pour afficher mes humeurs que lisent tout au plus 25 lecteurs, un moyen d'appeler d'urgence et massivement à la solidarité contre les status quo qui arrangent les dominants. Et puis on y rencontre souvent des personnes avenantes, humaines, humanistes, rebelles au sens noble du terme, parfois aussi une communauté de pensée qui atténue notre pessimisme.
En dépit donc de l'aspect crachoir des RS et du flicage tous azimuts qui de toute façon se fait même à l'occasion de l'achat d'un malabar dans une supérette, j'ai décidé d'y rester. Sursitairement, bien sûr.
Et vous ?